Brexit : la Cour suprême déclare illégale la suspension du Parlement, Boris Johnson fragilisé ~ Jason Smith Immobilier
google-site-verification: google28fa5457cfc05a09.html

Brexit : la Cour suprême déclare illégale la suspension du Parlement, Boris Johnson fragilisé

La Cour suprême du Royaume-Uni a décidé à l’unanimité, mardi, que la suspension du Parlement imposée par Boris Johnson jusqu’au 14 octobre était « illégale, nulle et sans effet ». Le Premier ministre risque d’essuyer un feu nourri au Parlement, qui reprend ses travaux dès ce mercredi

0601929356129_web_tete.jpg

Pour la Cour suprême, tous les conseils prodigués par Boris Johnson à la Reine pour lui demander de suspendre le Parlement pendant cinq semaines en plein milieu du gué sur le Brexit, sont « illégaux ».

Timothy A. Clary/AFP

Publié à 11h53
Mis à jour à 16h58

Boris Johnson s’en relèvera-t-il ? Les 11 juges de la Cour suprême du Royaume-Uni ont infligé une énorme claque, mardi, au Premier ministre britannique : ils ont décidé à l’unanimité que sa décision de  suspendre le Parlement jusqu’au 14 octobre était non seulement « illégale », mais aussi « nulle et sans effet ». « Le Parlement n’a pas été suspendu », a même déclaré la Cour, ordonnant qu’il siège à nouveau « dès que possible ». La Chambre des Communes reprendra ses travaux dès ce mercredi matin, à 11h30 heure de Londres, dans une ambiance qui s’annonce électrique.

Petite robe noire et broche argentée, la présidente de la Cour suprême, Lady Hale, a lu d’une voix à la fois calme et ferme une décision qui, pour le Premier ministre, pouvait difficilement être pire. Pour la Cour, tous les conseils prodigués par Boris Johnson à la Reine pour lui demander de suspendre le Parlement pendant cinq semaines en plein milieu du gué sur le Brexit sont, eux aussi, « illégaux, nuls et sans effet »… De quoi, même sans l’accuser directement de lui avoir menti, mettre le Premier ministre dans une position délicate vis-à-vis d’Elizabeth II.

Boris Johnson prêt à continuer

Une telle décision, prononcée avec une telle force, n’est pas seulement un cinglant désaveu pour Boris Johnson, qui a appris à 5 heures 30 du matin la décision à New York, où il se trouvait pour participer à l’Assemblée générale de l’ONU. Elle ouvre aussi la porte à une nouvelle guérilla du Parlement pour barrer la route à un Brexit sans accord fin octobre, dont le Premier ministre britannique fait planer la menace pour arracher un meilleur accord de divorce à Bruxelles. John Bercow, le speaker de la Chambre des Communes, a laissé entendre dès mardi qu’il pourrait autoriser les députés à reprendre une nouvelle fois le contrôle de leur agenda.

Depuis New York, où il s’apprêtait à prononcer un discours pour vanter les atouts du Royaume-Uni post-Brexit, Boris Johnson a dit qu’il allait « respecter » la décision, même s’il était « en fort désaccord » avec elle. « Nous allons poursuivre avec le discours de la Reine » (qui doit détailler l’agenda politique du Premier ministre après une suspension du Parlement), a-t-il dit, « et sortir de l’Union européenne avant le 31 octobre ». Les observateurs soulignaient qu’il ne semblait avoir aucune intention de démissionner.

Désaveu cinglant pour Boris Johnson

La reprise des travaux du Parlement s’annonce néanmoins à haut risque pour lui. Visiblement prêt à en découdre, le leader de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn a avancé le discours qu’il devait prononcer à la conférence annuelle du Labour pour rentrer à Londres plus tôt que prévu. Comme lui, les leaders du Scottish National Party (SNP) et des Libéraux-démocrates ont appelé Boris Johnson à démissionner.

Jeremy Corbyn pourrait profiter de la fragilité du Premier ministre pour lancer contre lui une motion de défiance. Si un tel vote devait renverser le gouvernement, chaque parti (y compris les conservateurs) aurait la possibilité de présenter une nouvelle équipe pour diriger le pays. Elle devrait néanmoins recueillir par vote la confiance d’une majorité de députés dans les 14 jours suivant la chute du gouvernement. Si personne n’y parvenait, des élections législatives anticipées seraient automatiquement déclenchées.

Dominic Cummings sur la sellette

Boris Johnson va désormais devoir trouver des solutions pour se maintenir au pouvoir. Suspendra-t-il de nouveau le Parlement pour seulement quelques jours là où la Cour lui reproche de l’avoir fait pour cinq semaines ? Il a en tout cas avancé son retour de New York et devrait s’adresser ce mercredi à la chambre des Communes.

En attendant, des voix s’élevaient mardi, parmi les députés conservateurs, pour appeler au renvoi immédiat de son conseiller spécial, Dominic Cummings, que tout le monde accuse d’être derrière la suspension du Parlement. « C’est entièrement sa défaite, il doit en payer le prix immédiatement »,  a dit l’un d’eux au « Telegraph ».

VIDEO. En quoi consiste la « suspension du Parlement » décidée par Boris Johnson ?

Les Echos: https://www.lesechos.fr/monde/europe/brexit-la-cour-supreme-declare-la-suspension-du-parlement-illegale-1134251
Annuaire Belge Annuaire de Référencement - Bien de prestige